Mortelle
jalousie!

J’envie celui qui partage ta vie
Celui qui te possède jour et nuit.
Je l’imagine et j’enrage
De le savoir si près de toi
Je le devine et je rage
En l’imaginant sur toi
Les mains dans ton corsage
Te caressant les seins
Il te serre dans ses bras
Tu lui prends la main
Il t’embrasse sur les lèvres
Ton corps s’enfièvre
S’enflammant par ses soins
L’invitant sans pudeur
À aller encore plus loin.
Voilà ma triste réalité
Voilà mon terrible chagrin.
Et je meurs dans ma tête
Tel un étau, il me serre
Les tripes et l’ardeur
Dans tout mon être j’ai ce mal
Une douleur animale
Qui me ronge le coeur
En attise ma rancœur.
Je me languis, brisé
Tordu par la douleur
Tant me fait mal
Cette jalousie meurtrière.
Elle me fait perdre la raison
Me poursuit sans passion
De son infernale attraction
Ne me laissant aucun répit.
Devant son abominable aberration
Rien pour me rendre heureux
Plutôt minable
D’être amoureux.
Secrètement je la désire
À chaque moment je la respire
À chaque instant qui passe
Dans mes rêves, je nage
Entre l’extase et le délire.
Je passe des nuits blanches
Entre les murs de la chambre
À faire les cent pas
Je souffre en silence
Car son ignorance m’étrangle
Maudit soit son choix.
Pour mettre un terme aux souffrances
Qui m’agressent et me rongent
Reste le trépas!
Car je ne vois que lui
Tout me ramène à ceci
Celui que tu as choisi
Cet ennemi qui pourrit ma vie
Je ne peux ni l’oublier, ni l’effacer
Il me hante sans répit
Aidez-moi à ne plus y penser
Aidez-moi je vous en prie.
Il me faudra pourtant l’arracher
Ce mal qui me tenaille
Et m’empêche d’exister.
Des tourments qui m’assaillent
Et me rendent immoral
Faudra bien m’en débarrasser
Car tout ce qu’ils m’inspirent
Cette jalousie maladive
Il me faudra bien en guérir.
Je ne peux continuer
Une vie à la dérive.
Mon esprit déraille
Emmuré dans la fatalité
Cette terrible pagaille
Dans laquelle je suis condamné.
Puis je me mets à rêver
Imaginer ma propre réalité
Celle qui me retient
Celle qui me convient
Puis j’oublie qu’il existe
S’effacent ainsi mes tourments
Plus rien d’autre ne subsiste
Toi et moi sommes amants
Dans mes bras tu te glisses
Tendrement enlacés
Nos lèvres se lient
Dans un baiser passionné
Nos mains qui se cherchent
À nouer nos serments.
Quand je suis tout près d’elle
Je reviens à la vie
Comme la fleur à l’abeille
Une extase nous lie
Je ne vois plus qu’elle
Je sombre avec elle
Dans l’absence et l’oubli.

Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) novembre 2002