L’espoir!

Une goutte saline au goût amer
Coule sur ma joue, ce matin d’hiver
À mes pieds, une photo de mon père
Ses restes enfouis dans ce cimetière.
Dans un vase de pierre, une rose embellit
La maison de terre où repose celui
Qui un jour répondit à l’appel de sa patrie
Sans se douter qu’il y laisserait la vie.
Sur un champ de bataille il connut la mort
Par centaines, des hommes connurent le même sort
Ils étaient des braves, ils étaient des héros
Mais mordirent la poussière au premier assaut.
La guerre faisait rage, partout les combats
Tout autour sur la plage, tombaient les soldats
Une averse de sang, submergeât les flots
Les corps sans âmes se bercèrent sur les eaux.
Un conflit meurtrier dans un pays étranger
Sur une terre inhospitalière où ils ont mis les pieds
Un accueil de tonnerre pour les nouveaux arrivés
Un cercueil en pin vert nous les ont ramenés.
Ils n’ont pas voulu, ils n’ont pas choisi
De partir mourir dans un lointain pays
Ils n’ont pas voulu, ils n’ont pas choisi
Mais il en est ainsi, ils en ont payé le prix.
Nous voilà aujourd’hui, orphelins de la guerre
Et venons nous recueillir ici, moi et mes frères
Prier pour que plus jamais sur cette terre
Un autre conflit ne vienne tuer nos pères.
Que l’écho de nos voix monte jusqu’à ceux
Qui dans leur palais de verre se prennent pour des Dieux
Écouter la raison de ceux qui sont en bas
Et vous disent d’une seule voix
Cessez les combats!

Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) décembre 2002