Le vieil ouvrier.



Les labeurs du beurre
Pèsent trop pour moi,
Mes os se font vieux
Et se brisent déjà!
Les douleurs et mes pleurs
Assèchent ma foi,
Ne vois-tu pas Seigneur,
Que la vie se meurt en moi.

C’est à peine si j’ai eu le temps
De me voir grandir
Hier j’étais insouciant
J’avais la vie pour en finir;
Mais voilà qu’aujourd’hui pourtant
Je me sens défaillir,
Pas encore impotent
Mais mon Dieu, que ça fait souffrir!

On me dit vieux
On m’appelle Monsieur,
Je me sens encore fringant
Seulement par en dedans;
Car l’arthrose et l’arthrite
Douloureusement m’effrite,
Voilà que mes mains se replient
D’involontaires contorsions.

Du plus profond de mon être
Je me tourne vers toi,
Seigneur si c’est cela que je dois être
Explique-moi pourquoi?
Du plus profond de mon âme
Entends supplier ma voix,
Si c’est cela que je dois être,
Mets un terme à tout cela.


Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) août 2003



 



 

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