Terres lointaines
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La pluie insensible
Cinglait nos visages,
Dans le ciel obscurci
Les éclairs, les nuages.
La tempête indocile
Hurlait sa rage,
Allions en mer ainsi
Au péril de nos vies
Vers de lointaines terres,
Vers de nouveaux rivages.
Les vents endiablés
Poussaient de hautes vagues
À l’assaut du voilier
Pour causer naufrage.
Il me fallait sans faiblir
Sauver le navire
Ramener l’équipage
Ou bien périr ainsi
Sur cette mer incertaine
Loin de nos terres lointaines.
Ma main tenait le cap
Mon âme tenait la barre,
Au diable les embâcles
Toutes voiles dehors.
Je maudissais les oracles
Qui chérissaient ma mort,
Je passerai les obstacles
Resterai maître à bord;
Irai sur ces terres lointaines
Verrai de nouveaux rivages.
Le ciel se déchaîne
Les feux de Saint-Elme
Illuminent les croix
Et me montrent la voie;
De toutes mes peines
Je suis capitaine
Et le trois-mâts
Verra les terres lointaines
Découvrira la route des Indes.
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Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) juillet 2003