La guerre sans fleuron!

Dans la nuit au loin le bruit des canons,
Appel annonciateur d’un conflit barbare
Où seuls les hommes qui sont des cons
Prendront plaisir au bestial carnage.
Attirés par le goût du sang
Ils se livreront aux pires outrages
Coulera la sève des innocents
Quand ils s’abaisseront à leur vil ouvrage.
Feront ombrage au genre humain,
Ne laisseront rien sur leur passage
Que des cadavres et des restes d’humains
Sur des ruines en guise de paysages.
Au nom d’un Dieu, d’une frontière,
Celui d’un idéal ou d’une religion
Quelle qu’en soit la cause première
Se livreront aux pires aberrations.
Prendront les armes pour le remède,
Aux maux s’opposeront des nations,
Ils viendront même dicter les règles
Semant la mort et la confusion.
Attiseront le feu, feront monter la fièvre
Enflammeront le pays et les cieux
Pour du pétrole et autres richesses aurifères
Ils s’entretueront à qui mieux mieux.
Pour les généraux les grands honneurs.
Aux peuplades, souffrance et déshonneur,
Pour un seul soldat mort au champ de bataille
Des milliers d’innocents à la mitraille.
Nous exerçons ici, notre droit d’exiger la paix
Pour que dans ces pays, désormais règne la vie
Au nom des gens nous ne demandons rien d’épais
Sauf ce droit de vivre en harmonie.
Mais, parce que vous, vous avez glorifié
Le droit de tuer pour la liberté
Nous voici aujourd’hui, masse déportée
Vers d’autres pays où nous serons refoulés.
Vous les dirigeants! Vous les usurpateurs!
Bien à l’abri dans le confort de vos palais
Verrez bientôt sonner votre heure,
Car la gloire est éphémère et ne dure jamais.
Vous êtes venus en conquérants,
Vous repartirez en maudissant
Ceux et celles qui sont restés
Combattre au nom de la liberté.
Si nos fusils ne sont pas légions
Restera des pierres pour nos canons
Pour porter le flambeau de la révolution
Viendront sous peu, d’autres générations.
Les pères et les fils se ligueront
Pour expulser des terres les envahisseurs;
De plus en plus fort ils deviendront,
Bientôt paieront les imposteurs.
Dans la nuit au loin le son des canons
Résonne sur d’autres frontières.
Ici, la guerre n’a plus sa raison.
De la populace, il n’en reste guère!

Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) février 2003