L’enfance
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Période de ma vie où tout mon univers
Gouverné par des géants au pays de Gulliver.
Enfance subtile ou pour apprendre à faire un pas
Il fallait rester tranquille pour éviter les tracas.
Ne pas déranger, ne rien bousculer
Ne pas faire ceci, ne pas faire cela.
Frères et sœurs il fallait écouter
Faire bien attention, prévenir les dégâts.
Enfance et prudence étaient les rois.
Les deux allaient de pairs, moi je suivais le pas.
Enfance heureuse au milieu de la cohue,
Pour s’amuser un peu on jouait dans la rue.
Treize garnements prêts à s’entredéchirer,
Et conquérir l’exclusivité, d’une mère débordée.
Un père aussi sévère que sa main veloutée,
Dans nos jeux de gamins, venait souvent nous retrouver.
Enfance heureuse, sans grande tristesse
À profiter des bienfaits, à vivre sa jeunesse.
Jouer, rêver, chanter tout était prétexte
Pour ne pas rentrer, hiver comme été.
Notre mère dépiter, de ne pas nous voir revenir
Nous criait à tue tête « Vite le bonhomme va passer » !
C’était le signal, il nous fallait déguerpir,
Aller se coucher à toute vitesse, avant de se faire poigner.
La semaine à l’école, le dimanche à l’église
Il nous restait le samedi pour faire nos folies.
Danser, aller au cinéma, courir après les filles
Si on restait entre gars on jouait aux billes.
Des amis à la tonne, fin de semaine de combats
À jouer à la guerre, aux indiens, aux soldats.
Bicyclettes, trottinettes, épées de bois,
Nos chevaux pour l’assaut, chevaliers des gravats.
L’enfance insouciante qui meublât ma vie,
Préparât la naissance de l’adulte d’aujourd’hui.
À l’abrie des soucies, bien au chaud dans mon nid,
Je revis ma genèse avec joies et nostalgies.
À mon tour maintenant de protéger ma couvée,
Préserver l’innocence, atteindre la maturité.
Quand ils raconteront un jour leurs souvenirs ici bas,
Ils penseront à l’enfance, aux plaisirs d’autrefois.
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Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) mai 2002