Ne plus vouloir



Ne plus vouloir, sortir de ta pénombre
Ne désirer que la lumière de tes mains;
Ne plus pouvoir, me passer de ton ombre
Ne plus aimer que nos seuls lendemains.

Boire à son regard et à sa source si profonde
Dont le blanc lumineux n’est que ciel de vie;
Doux miroir chatoyant sous les reflets de l’onde
Pur et généreux, comme le lait du paradis.

Embraser le feu d’une ivresse alléchante
Et me brûler un peu dans le foyer de tes yeux;
Me blottir dans ces lieux où la fièvre est montante,
Écouter crépiter tes murmures mélodieux.

Ne plus vouloir, que ta bouche vagabonde
Ne désirer que goûter, qu’à tes baisers exquis;
Ne plus vouloir que tes sublimes offrandes
Ne plus aimer que la passion qui nous lie.

Emmurer mon âme dans d’étranges songes
Et ne laisser que tes jours, ensoleiller mes nuits;
Être par toi libéré des fardeaux qui me rongent
Me sentir plus léger sur ton sein recueilli.

Danser dans le creux de tes vagues adorables
Et suivre le courant que seront nos marées;
Vouloir se perdre dans tes abysses délectables
Affronter les assauts de ces mers libérées.

Ne plus vouloir que sentir ta présence
M’isoler dans ce nid que m’ouvre tes bras;
Remercier le ciel pour si belle existence
Ne plus être que celui, par qui tu seras.

Ne plus pouvoir me passer de ton ombre
Ne plus aimer que la douceur de tes mains;
Quand elles touchent ma peau chaque fois je succombe
Entre tes bras comme ils me sont doux mes matins.
 



Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) novembre 2003



 



 

 

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