Le puceau

Vous avez embrasé mon cœur
De ce feu divin,
Me dévoilant sans pudeur
La blancheur de vos seins.
Dans toute ma candeur
Ne sachant que trop rien
Devais-je cajoler la fleur?
Ou pétrir son jardin.
J’étais jeune puceau
Vierge non moins lion
Aux ardeurs d’un sot
Vous prêtiez attentions.
Vous battiez la mesure
Je suivais le tempo,
Aux frugales démesures
La tige du roseau.
Vos tendres caresses
Mes premières maladresses,
Aux couleurs de l’été
S’envola ma virginité.
Mourut le puceau
Naquit le lion,
Pour de nombreuses années
Dans le jubé de mes pensées.
Mes quinze ans s’envolèrent
Vos vingt ans m’enchantèrent
Ultime allégorie,
D’une nuit d’été.

Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) juillet 2003