Mon temps passera
 
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Là où vont mes années
Le blanc suit le gris,
Là où sombrent mes pensées
Et mes œuvres inaccomplies ;
Là où je me destine
Dans un allé sans retour,
Sonneront mes matines
Et son compte à rebours,
Car inévitablement,
Mon temps passera.

En grains d’éternités
En chapelets de prières
Lentement s’est envolé
Le fil de mes étés.
Et sur son pas de peut-être
J’ai souvent espéré,
Ne jamais disparaître
Ne jamais m’effacer,
Transpercer sa cuirasse
Pouvoir l’apprivoiser,
Mais inlassablement
Mon temps passera.

Me laissant apparaître
Une image démodée
Au déclin de mon être
Une âme désespérée.
Juillet qui m’a vu naître
Ton soleil s’est éclaté
Ma vue cherche à disparaître
Mes horizons à s’éloigner,
Assurément
Mont temps est dépassé.

Car à l’ombre où je me terre
Les enfants n’ont pas vieilli
Ils nagent dans la rivière
Ce sont mes jeunes amis ;
Les mêmes qu’encore hier
Je croyais disparus
Revenus des cimetières
Je vois leurs mains tendues.

De paroles en paroles
D’hier en demain
Tel de vagues paraboles
Poursuivre quel chemin ?

L’appel est sans appel
Mon temps est dévolu
La mort, belle hirondelle
Annonce sa venue ;
Va dire aux immortels
Que ma place est retenue
Bientôt dans la chapelle
Moi aussi, ne serai plus.

Mon temps est révolu.

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Jean Maurice Chaput
(Cocolico) février 2004





 

 

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