La Joconde

J’étais ce peintre, elle la belle Joconde
Avec tendresse, tout son corps se livrait;
Aux caprices que dessinaient les ombres
Et ma plume légère, de plaisir tressaillait.

Elle voulait la jalouse, en parfaire les contours
Affiner la beauté, en redessiner chaque trait;
Et reproduire jusqu’aux arômes de velours,
Ces parfums indiscrets, que sa peau exhalait.

Sur la toile naissante, la paresse de mes mains
S’attardait en silence, sur de pieux trajets;
Pendant que mon âme, se languissait en vain
Des aréoles invitantes, que mes yeux chérissaient.

La scène quasi obscène, d’une impudique complicité
La belle telle une sirène fit l’étalage de sa beauté ;
L’artiste était à l’œuvre, voyant en elle l’apogée
De son plus grand chef-d’œuvre, son ultime félicité.

Ainsi fut-elle peinte, sur un fond de sensualité
Son innocence à peine recouverte, d’une pudique légèreté.
Un nuage de transparence, une bouche de rubis,
La Joconde nous fut offerte, sur une touche de poésie.


Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) janvier 2004



 

 

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