Là-bas !


C’est ce lointain qui nous sépare
Ces horizons qui s’étendent à perte de vue,
L’endroit où se cherchent nos regards ;
Tu sembles si loin et moi si confus.

C’est cet ailleurs où se voilent les chagrins
Lorsque les yeux se couvrent de brouillard ;
Là où se confondent les lendemains
C’est cet abîme où règne le désespoir.

Là-bas !
C’est l’endroit où je ne pourrai te suivre
À l’autre bout seront nos dualités
Le seul endroit où ne pourront survivre
Les conflits de nos deux personnalités.

C’est ce lieu où nos peurs clandestines
Pourront à jamais s’exiler ;
Un asile où nos guerres intestines
Laisseront en paix, nos âmes chavirées.

Là-bas ! C’est là où je te vois partir
Dans un signe d’adieu, ma main tendue
Accompagne ce train, par déplaisir
Dans la foule au hasard, un homme perdu.

Soudain je prends conscience de ma solitude
Et son manteau de regrets, m’habille d’émoi ;
La peur me revient comme à son habitude
Me retrouver seul, me glace d’effroi.

Je ne veux plus te voir partir
Arrête ce train, ne va pas plus loin ;
Attends-moi, sinon je vais mourir
Si tu pars ça sera ma fin.

Si tu t’en vas mon cœur va défaillir
Tu me tueras, en partant là-bas
Encore un pas, je jure d’en finir
Chaque pas me mène au trépas.

Là-bas ! C’est l’endroit d’où je me précipiterai
Afin, une fois pour toute en finir,
Si jamais je ne peux te reconquérir
Je finirai par m’exécuter.


Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) février 2004


 

 

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