Les mendiants!

 

Ils viennent parfois en silence

En vous tendant la main,

Pour quémander la pitance

D’un bien maigre festin; 

Espérant un peu de pain

À la recherche de la mie,

Qui calmera peut-être leur faim

Une question de survie.

 

Demanderons de la monnaie

Attendrons les yeux livides

La main serrant le collet

De leur manteau en guenille, 

Mais vous fermerez les yeux

Ferez  même semblant,

De ne pas voir tous ces gueux

Ni leurs regards suppliants.

 

Pour vous donner bonne conscience

Fouillerez dans vos poches vides

Cherchant ainsi à faire comprendre

Que vous n’avez pas un penny; 

Mais le mendiant n’est pas dupe

Il a très bien compris,

Il poursuivra tout de même sont but

Vous signifiant son mépris.

 

Et vous continuerez votre chemin

Détestant ces vauriens

Pendant que le cœur gros

Il maudira votre culot,

Mais le prochain passant

Voudra bien l’aider

Pas de temps pour les sentiments

Il lui faut de quoi picoler.

 

À votre bon cœur Monsieur

Soyez donc charitable

Faites de votre mieux Madame

Pour nous, indigents misérables, 

Toute la journée ils iront ainsi

À la recherche des deniers

Un métro, une porte de sortie

Viendront vous solliciter.

 

Des jeunes, aussi des vieux

Pour de la drogue ou de l’alcool

Qui les aideront un peu

À oublier cette existence folle.

 

Ils resteront dignes

Malgré vos mesquineries

Pour sniffer leur ligne

L’orgueil au pilori. 

La nuit venue,

Ils rentreront chez eux

Dormir sur un banc vide,

L’asile des miséreux.

 

Ils se terreront dans un coin

À la main une bouteille,

Rêveront aux jours lointains

Où la vie était plus belle.

 

Le journal du matin

Annonce ses nouvelles

Dans les faits anodins

On a retrouvé un corps rigide, 

Celui d’un gamin

Dans la fleur de l’âge

Qui ne demandait rien

Que de vivre sans cage.

Jean-Maurice Chaput

(Cocolico) novembre 2002


 

 

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