Ne plus
pouvoir
Ne plus pouvoir du regard toucher ciel
Laisser mes yeux s’assoupir peu à peu ;
Ne plus pouvoir m’extasier d’étincelles
Regarder sa vie s’éteindre à petit feu.
Sentir son âme apprivoiser la pénombre
Et se faufiler vers de sombres avenues ;
Parcourir en somme le royaume des ombres
Au déclin de sa vie, le tribut à payer.
Ne plus pouvoir admirer son visage
Laisser mes doigts en redouter la peau ;
Ne plus vouloir qu’elle-même me dévisage
Jeunesse et beauté, me font tant défaut.
J’aimais tant m’abreuver de ses lèvres
Mais n’ai plus droit, qu’à des baisers fanés ;
Moi qui aimais, m’étancher à sa sève
Je laisse la soif, au délire me pousser.
Espérer en vain en de saintes prières
Pouvoir repousser le moment venu ;
Sachant très bien que s’éteindra la lumière
Mais un jour de plus, est toujours le bienvenu.
Laisser les saisons me flétrir davantage
L’usure du temps, n’est que trop avancé ;
Elles m’ont graciées d’un aride émondage
Ne laissant que désert, sur ma tête couronnée.
Avoir peur en fait de l’instant de l’appel
Du film de ma vie, de ce que j’aurai vécu.
Lorsque je paraîtrai devant l’Éternel
Je Lui dirai combien je fus déçu.
Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) août 2004