Le cœur
à ses rages
Le cœur a ses rages
Comme les mers ses marées,
Lorsque qu’éclatent les orages
Se libère les vents déchaînés ;
Et la colère sur son rivage
Verra la haine démontée
En chevaucher les nuages,
Sur un souffle d’insanités.
La passion faisant ombrage
Verra l’amour déraciné,
Au beau milieu du naufrage
Cruellement se saborder.
Elle laissera sur le visage
Couler les flots ainsi libérer
Et que plus rien n’est à espérer,
Vaut mieux couler sans verbiage
Dans l’abîme de la fatalité.
Lorsqu’une âme est en détresse
Elle craint la vie plus que la mort,
Pour ne pas sombrer dans la tristesse,
Vers elle cherchera réconfort.
Puisque les mots, engendrent les maux
Et que les torts sont déraison,
Aux grands remèdes qui font défaut
Reste peu de solution.
Lorsque le cœur a plié bagage
Et que l’amour l’a déserté,
La solitude, lourde et sauvage
Remplit le vide libéré;
Dans les sillons de son passage
Aucun souvenir immaculé,
Reste que la foi en cet adage
« Une de perdu, dix de retrouvées ».
Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) août 2004