Il
m’arrive encore
Il m’arrive encore
D’imaginer son visage
Au cœur de ces nuits
Comme un vent de folie
Vouloir encore
Caresser ce mirage
Au bout de mes doigts
Un goût de nostalgie.
Il m’arrive encore
D’entrouvrir les barrières
Laisser le temps
Flirter mes interdits.
Revenir en arrière
Dans ma boîte aux images
Me blottir de nouveau
Dans les bras d’Émilie.
Il m’arrive encore
D’espérer davantage
Sentir ma faim
Quémander son fruit
Sur son corps menu
Festoyer sans partage
N’être entre ses mains
Que mendiant qui supplie.
Il m’arrive encore
Dans ce monde où je nage
De me laisser guider
Vers de lointaines envies,
De nouveau posséder
Cette flamme sauvage
Quand je pense au brasier
Soudain ma bouche s’incendie.
Il m’arrive encore
D’en ressentir les orages
Dans le creux de mes reins
De si jolis croquis.
Vouloir de nouveau
Me livrer en otage
Lui laisser ma peau
À ses douces cajoleries.
Jean-Maurice Chaput
(Cocolico) février 2005