Le cadeau
de Noël
Il était une fois, dans une contrée lointaine et magique, des petites créatures
douces au grand cœur. Ressemblant à un croisement entre les Elfes et les Fées
des bois, elles vivaient en harmonie avec les êtres vivants et la nature. Chaque
année, à l’automne, en prévision des fêtes de Noël, elles méditaient et chacune
avait un être attitré pour l’occasion. Il pouvait s’agir d’un enfant, d’un
adulte ou même d’un animal.
Durant la méditation, l’être qu’ils allaient rendre heureux se révélait à eux et
ils s’harmonisaient avec le cœur de celui-ci afin de découvrir ce qui lui ferait
vraiment plaisir.
Parmi eux, se trouvait Galyno. Un nouveau venu du printemps de l’année
précédente. Nouvellement diplômé de l’école de méditation, avec mention, il
était impatient de rendre quelqu’un heureux. Il avait tant entendu parlé de
cette merveilleuse expérience et souhaitait donner, lui aussi, du bonheur à
d’autres.
Galyno se prépara à la méditation et senti son esprit s’élever et parcourir
d’autres contrées jusqu’à ce qu’il rencontre l’esprit d’une petite fille de 8
ans. Marie-Soleil habitait une petite maison à la campagne, avec ses parents et
un frère, Didier, qui avait 11 ans. Marie-Soleil aimait beaucoup sa famille et
chaque fois qu’elle le pouvait, elle s’arrangeait pour les rendre heureux.
Mais elle devint très malade et les médecins ne savaient pas ce qu’il lui
arrivait ni comment la guérir. Ils avaient fait tous les tests qu’ils
connaissaient et rien de concluant n’avait donné un seul indice sur cette
maladie. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que Marie-Soleil avait, un jour, fait
une promenade dans la campagne et avait rencontré une vieille dame qui semblait
avoir besoin d’aide. Sa nature généreuse lui avait soufflé d’aller au devant de
la celle-ci et offrir son aide. Ce qu’elle avait accepté avec joie car, ses
vieux os n’étaient pas aussi solides et forts que par le passé. Elles avaient
donc passé l’après-midi à ramasser du bois sec pour le feu et l’avait rangé près
de la porte de la maison afin que la vieille dame n’ait pas à aller trop loin
lorsque le temps serait mauvais.
Pour remercier Marie-Soleil, la vieille dame lui avait offert un des petits que
sa chienne avait eu et qui était prêt pour être adopter. La petite boule de poil
avait une robe magnifique : d’un blanc immaculé, ses oreilles rousses et son
poil bouclé et doux. Marie-Soleil dit qu’elle devait demander à ses parents la
permission d’adopter le chiot et proposa de revenir le lendemain avec la
réponse. Ce que la vieille dame accepta avec le sourire. La petite rentra
chez-elle à temps pour le repas du soir et parla du petit chiot à ses parents.
Ceux-ci acceptèrent qu’elle adopte l’animal, à la condition qu’elle en prenne
bien soins. Marie-Soleil alla au lit, ce soir là, avec la joie au cœur en
sachant qu’elle pourrait ramener le chiot le lendemain.
La vieille dame fut très heureuse de voir Marie-Soleil et enchantée que l’enfant
adopte la petite chienne. Elle lui prodigua quelques conseils pour les soins des
oreilles et du poil. Pour finir, elle lui souhaita beaucoup de bonheur et fit
promettre à Marie-Soleil de venir lui rendre visite de temps à autres avec sa
nouvelle compagne. C’est avec grand plaisir que l’enfant accepta.
Pendant plusieurs mois, Belle (c’est le nom qu’avait choisi Marie-Soleil) et la
petite fille vécurent très heureuses : jouant dans la campagne et visitant la
vieille dame régulièrement, ce qui la rendait très heureuse. Un jour pourtant,
le malheur frappa les amies.
Marie-Soleil se leva tôt et prit son petit déjeuner pendant que sa fidèle
compagne alla faire ce que tout chien est pressé de faire après une longue nuit
sans sortir. Marie-Soleil sorti à son tour et appela Belle. Étrangement, cette
dernière semblait avoir disparu. La petite chercha partout où toutes les deux
elles aimaient aller se promener ou se reposer. Aucunes traces de Belle.
Marie-Soleil était inquiète : jamais sa fidèle amie ne la quittait très
longtemps ou fait une fugue.
Toute la famille se mit à la recherche de Belle. Le temps passait, les heures se
changèrent en jours et les jours en semaines. Finalement, il fallut se rendre à
l’évidence : Belle était parti et il semblait qu’elle ne reviendrait pas.
Marie-Soleil en fut très chagriné et peu à peu, la joie de vivre qui l’habitait,
disparue.
L’automne était arrivé et les feuilles prenaient leurs véritables couleurs qui
allaient du jaune clair au bourgogne foncé. Toute la contrée se parait de ses
plus beaux atours et les festivités organisées, comme à chaque année, pour
rendre hommage à la nature qui avait fournit de quoi nourrir tous les habitants
allaient bon train.
La vieille dame n’avait plus revu la petite fille et sa compagne depuis des
semaines. Elle résolut de se rendre chez elles afin de s’assurer que tout allait
bien. C’est avec tristesse qu’elle apprit la nouvelle de la disparition de Belle
et tenta de réconforter Marie-Soleil. Mais la petite ne se consolait pas de la
perte de son amie.
Belle était sorti de la maison avec une seule idée en tête, se soulager et
courir un peu autour avant d’entamer une autre journée de joie et d’amitié avec
Marie-Soleil. Elle n’irait pas trop loin, juste assez pour revenir à la course
prendre son repas et attendre Marie-Soleil devant la maison. Durant les quelques
secondes où elle courut pour rentrer à la maison, elle sentit une sensation
bizarre l’envahir et puis ce fût le noir total.
À son réveil, elle ne se trouvait plus dans les champs mais dans un endroit
sombre et humide. Elle se demandait comment elle s’était retrouvé là et pensait
que Marie-Soleil serait terriblement inquiète pour elle. Pendant un temps qui
lui sembla une éternité, elle ne vit personne et tenta de se lever pour trouver
la sortie. Belle constata bien vite qu’elle ne pouvait pas bouger. Enfin, elle
entendit des pas venir vers elle et s’apprêtait à accueillir un sauveur.
Lorsqu’elle vit la créature s’arrêter devant elle, son sang se glaça.
Cette créature sentait mauvais, de la mousse semblait croître sur sa fourrure et
Belle pouvait même voir des parasites qui se promenaient à travers les poils.
Pas de chance, elle était tombée entre les pattes d’un Troll. Mais pas n’importe
lequel : le plus féroce de tous et qui avait été choisi par les siens pour
garder l’entrée la plus importante de leur domaine. Sa férocité assurait aux
siens une protection sans pareil. Et pour son malheur, Belle était tombée dans
l’entrée principale du domaine des Trolls.
Le troll avait traîné la petite chienne vers une cavité éloignée de la porte. Là
où aucune lumière ne pénètre jamais et il fait toujours frais et humide. Belle
tenta de reculer vers la paroi de sa cellule et découvrit que la pièce était
bien petite. Le troll ouvrit la grille de la cellule et déposa un bol de
nourriture devant Belle, puis ressortit et verrouilla la grille. Belle s’avança
pour voir ce qu’il y avait dans le bol et à l’odeur, su qu’elle n’allait pas
manger. La mixture semblait faite de fruits et de légumes pourris et flottait
dans un liquide tout aussi nauséabond que le reste. À son retour, le troll
reprit le bol et déposa à la place, un bol d’eau de pluie qui ne semblait pas
trop sale. Belle bu l’eau et se recroquevilla sur elle-même avant de s’endormir.
Dans ses rêves, elle vit Marie-Soleil qui la cherchait avec toute sa famille.
Elle les appela mais ils n’entendirent rien et passèrent à côté sans la voir. Le
lendemain et les semaines suivantes, le troll lui amena de la nourriture fraîche
et de l’eau de pluie. Belle pu ainsi conserver ses forces et attendre une
occasion pour s’échapper. Les trolls n’avaient pas pris de décisions concernant
la petite chienne et ils entendaient le faire à la réunion du printemps. En
attendant, ils la garderaient en vie. Elle pourrait leur être utile.
Les fêtes d’automne étaient depuis longtemps passées, celles de Noël
approchaient et Marie-Soleil était de plus en plus faible. Elle était confinée
au lit et ses forces la quittaient peu à peu. Sa mère lui préparait de bons
repas mais la petite ne voulait rien avaler. Dans ses rêves, Belle était
prisonnière dans un endroit sombre et humide, incapable de bouger. Marie-Soleil
se sentait impuissante devant la mauvaise posture de son amie et lorsqu’elle
racontait son rêve, sa famille lui disait que ce n’était qu’un rêve. Pourtant,
elle était sûre que la solution se trouvait dans son rêve.
Galyno trouva le cœur de Marie-Soleil et fût chagriné par la souffrance qu’il y
trouva. Durant un court instant, le cœur de Belle se trouva lui aussi sur le
chemin de Galyno et celui-ci comprit que ces deux cœurs devaient être réunis
pour la fête de Noël. Sa mission était claire : retrouver Belle et la ramener à
Marie-Soleil. Ce serait le plus merveilleux présent que la petite fille pouvait
recevoir pour l’occasion. Galyno prévint les autres qu’il partait pour accomplir
sa première mission et leur dit dans quelle contrée il se rendait.
Plus Galyno approchait de l’endroit où Marie-Soleil et Belle vivaient, plus la
tristesse que ces deux amies ressentaient face à leur séparation était présente.
Il tenta de localiser le cœur de Belle et eu beaucoup de mal à y arriver.
Parfois, tout semblait clair et facile à suivre et parfois il semblait que la
peur faisait place à la tristesse. Il résolut donc de suivre cette sensation de
peur en espérant que cela le mènerait vers Belle. Il arriva devant un trou dans
le sol à environs 500 mètres de la maison de Marie-Soleil. Se pouvait-il que
Belle y soit tombé? Il n’y avait qu’une façon de le savoir et c’était d’entrer
dans le trou.
Le passage était étroit mais suffisamment haut pour lui permettre de marcher
debout. Arrivé à une jonction, il fit une pause afin de localiser la peur ou la
tristesse de Belle. Il senti qu’il devait prendre à droite et continua son
chemin dans cette direction. Au détour d’une courbe, il remarqua le troll et
recula bien vite pour ne pas être vu. On lui avait enseigné que les trolls sont
des bêtes sans cœurs et sans merci. La prudence était de mise et il observa
attentivement les allées et venues du troll, espérant pouvoir se glisser
derrière lui et secourir Belle. Durant ses observations, il vit le troll
apporter de la nourriture et de l’eau dans un passage situé au centre de la
galerie. C’est là que Belle devait se trouver. Cette certitude était de plus en
plus forte car il sentait la tristesse et la peur de celle-ci selon que le troll
entrait ou sortait du passage. Enfin, ce dernier reçu la visite d’un autre troll
et quitta la galerie pour le suivre.
Galyno s’assura que les trolls ne reviendraient pas trop tôt et se dirigea vers
la pièce où Belle était retenue prisonnière. Il sentit sa peur et commença à lui
parler doucement, la rassurant sur ses intentions. Belle approcha de la grille
et vit que la petite créature était venue la libérer. Galyno ouvrit enfin la
grille et détacha la petite chienne. Prudemment, ils avancèrent vers la sortie
tout en restant aux aguets. Les trolls ne sauraient jamais comment la petite
chienne avait pu s’échapper. Comme ils avaient peur de l’extérieur, ils
n’oseraient pas partir à sa recherche.
La nuit était tombée et pour Belle cela était une bonne chose. Étant resté dans
une galerie souterraine pendant des semaines, elle n’avait pas revu la lumière
du jour et ses yeux auraient soufferts s’ils étaient sortis du trou en plein
jour. La lumière de la lune lui permit de s’habituer peu à peu et lorsqu’elle se
sentit capable de suivre Galyno, elle lui lécha le visage et il sentit combien
Belle était reconnaissante. Une nouvelle amitié était née et les deux amis
partirent en direction de la maison de Marie-Soleil. Avant d’y arriver
toutefois, Galyno fit comprendre à Belle qu’un bon bain serait nécessaire. En
effet, le beau pelage était en piteux état : de la terre, des brindilles et des
petites bêtes y étaient accrochées et on distinguait à peine les boucles de sa
robe. Galyno la conduisit dans la grange près de la maison. Il trouva un seau et
une brosse, du savon et un petit contenant qu’il pourrait utiliser pour rincer
le poil après le shampoing. Il va sans dire que Belle était très heureuse de
prendre un bain et se laissa faire gentiment. Galyno prit une autre brosse, plus
douce, et entreprit de sécher le poil en brossant bien partout. Peu à peu, les
boucles de la robe de Belle se formaient à nouveaux, son poil était brillant et
elle sentait bon la propreté.
Comme c’était déjà la veille de Noël, tous dans la maison s’étaient préparés
pour la fête. Les arômes embaumaient partout et l’arbre était joliment décoré.
Les cadeaux des enfants étaient déposés sous l’arbre et les parents attendaient
minuit pour réveiller Didier et Marie-Soleil.
Arrivé devant la porte de la maison, Galyno dit au revoir à Belle et cette
dernière le remercia du fond de son cœur de l’avoir libéré et ramené chez-elle.
Galyno alla se cacher près d’une fenêtre et attendit.
Dans la cuisine, les parents de Marie-Soleil surveillaient l’heure lorsqu’ils
entendirent un grattement à la porte. Ils allèrent ouvrir et à leur grande
surprise, Belle se trouvait sur le pas de la porte. Leur bonheur était grand,
ils firent entrer la petite chienne et la conduisirent vers la chambre de
Marie-Soleil. Belle grimpa sur le lit et alla lécher le visage de son amie
qu’elle n’avait pas vu depuis si longtemps. Lorsqu’elle ouvrit les yeux,
Marie-Soleil cru rêver et il fallut plusieurs coups de langue de Belle, ainsi
que des jappements de joie, pour la convaincre qu’elle était réelle. Dans ses
yeux, la joie de vivre revenait peu à peu et sa famille les regardait avec les
larmes aux yeux.
Quel beau spectacle que de voir les deux amies réunies à nouveau. Cette année,
Noël serait plus joyeux qu’il ne l’avait jamais été. Galyno observa toute la
scène et senti son cœur se remplir de bonheur. C’était le plus beau cadeau que
Marie-Soleil ait reçu de toute sa jeune vie. Les histoires qu’il avait entendues
étaient loin de refléter la réalité. C’était cent fois mieux et jamais il ne
cesserait de partir en mission, une fois l’an, pour rendre les gens heureux.
Au matin, Didier parti chercher la vieille dame pour lui annoncer la nouvelle et
à leur arrivée à la maison, tous fêtèrent le retour de Belle et la vie qui
revenait dans le cœur de Marie-Soleil. Oui, ce Noël était le plus beau qu’ils
aient vécu à ce jour.
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Pour que la créativité s'exprime
Les mots j'utiliserai
Via la prose et parfois les rimes
Pour vous j'écrirai
texte de Rachel