La pierre de souffrance
Voici un texte écrit par mon fils, Max. Il a 14 ans. Il vous l'offre pour votre plaisir.

La pierre de souffrance

Ce matin là, je croyais que la journée se passerait d’une façon normale, mais non. J’ai eu droit à une des plus ennuyeuse journée de la semaine : d’abord, on a eu à faire trois petites page de géographie, tellement simple que je me suis tourné les pouces le reste du cours. En français, nous devions travailler sur un récit d’aventure, au lieu de chercher une idée pour mon texte, j’ai dormi. Disons que je me suis beaucoup plus reposer que je n’ai dormi, enfin passons. Cours d’éducation physique, on a joué au basket-ball : il n’y a rien de plus ennuyeux alors, je suis resté assis contre un mur. Je crois que c’était le cours le plus monotone. Seul la présence de Patrick et Hélène me remonte le moral. J’ai hâte de rentrer chez-moi, et surtout, j’ai hâte à demain : le dernier jour avant la relâche.

Le lendemain après-midi, juste après le cours de français…

J’en ai assez! Ils nous prennent pour qui? Cette fois je pars me cacher dans la forêt et je ne reviendrai pas. Ils vont tous regretter ce qu’ils me font subir chaque jour, surtout mes parents : pour le nombre de fois qu’ils m’ont insulté et humilié devant les autres membres de la famille. Mais plus que tout, je serai loin de cet idiot de Roger! Je ne lui ai rien fait, mais il semble prendre un malin plaisir à me rendre furax, de plus, il m’accuse de ne pas lui avoir rendu son examen d’anglais. Je crois que j’ai assez cherché comme ça. Petite parenthèse, pour comprendre cette affaire : au cours d’anglais nous avons corrigé la copie d’un autre élève de la classe et je suis tombé sur Roger. Selon lui, je ne lui ai pas rendu sa copie. Je suis certain de l’avoir fait et depuis ce jour, j’ai cherché partout mais je n’ai rien trouvé. Il me fait probablement marcher et aujourd’hui j’ai décidé que je ne marche plus dans son jeu. Qu’il aille au diable, pensais-je, lorsque je descendais les escaliers pour ensuite me diriger vers mon casier. Je pris ma carte repas et allai la dépenser en nourriture et breuvages pour la route. J’eu beaucoup de difficulté à éviter Patrick, mais j’ai réussi. Il faut que je me dépêche de partir avant que la cloche sonne la fin de la pause. Je me mis à courir en direction de la forêt, mon sac à dos rempli de réserve de nourriture, mon journal intime, ainsi que mon Gameboy Advance pour passer le temps.

Je courais depuis une heure, j’espère qu’ils ne me retrouveront pas. J’avais atteint une partie de la forêt que je ne connaissais pas. Saperlipopette! Je me suis égaré. Soudain, j’entendis un craquement et je tournai la tête rapidement à la recherche de ce qui avait produit ce bruit. Avant que je ne fasse un pas de plus, le sol s’effondra sous mes pieds et tout devint noir.

J’ouvris les yeux et il me fallu un peu de temps pour me relever, la parois était trop lisse pour m’y agripper. J’ai dû me frapper la tête et perdre conscience car je me sens un peu sonné. Je ne sais pas où je suis et j’ai beau essayé de me rappeler comment je suis arrivé là, (n’ayant d’ailleurs aucune idée de où ce « là » est) je ne m’en souviens pas. Pire, je crois que j’ai oublié mon nom. Je fini par me relever et cherchant une sortie, j’aperçu un tunnel plongeant droit dans les entrailles de la terre. Alors, j’en déduis que je suis tombé dans un trou. Mais comment suis-je arrivé là, et pourquoi? Ah, je voudrais bien me rappeler. Pour le moment, je vais m’engager dans ce tunnel et voir où il mène.
Je marchai un certain temps jusqu’à une porte de métal qui était entrouverte. Je la poussai et y découvris une pièce sombre, remplie d’ordinateurs. Je cherchai un interrupteur électrique, glissant mes mains sur le mur le plus proche. Enfin, un clic se fit entendre et la pièce s’illumina. Je me retournai et criai de stupeur en apercevant plusieurs squelettes encore assis devant les écrans. J’en poussai un au bas de la chaise et tentai de mettre l’ordinateur en marche. Tout semblait fonctionner et tout à coup, un visage d’homme au regard terrorisé apparut. Il semblait être sur ses gardes et avait un message inquiétant à livrer : « À tous ceux qui entendrons ce message : dans ces installations, plusieurs expériences ont été menées. Une de ces expériences consistait à créer des créatures agressives, voraces et ne consommant que l’énergie vitale de leurs victimes. Elles dégagent suffisamment d’énergie à elles seules pour alimenter une ville entière pendant une année. Dans leur arrogance, leurs créateurs ont cru pouvoir les contrôler. Leur erreur fut de sous-estimer le pouvoir de leur création. Ayant perdu le contrôle, ils ont tous été tués par ces choses abominables et destructrices. Quelques employés de soutient ont réussi à se sauver et se sont caché jusqu’à ce que les créatures décident de quitter le secteur. Ils ont cherché des survivants mais n’ont trouvé que des cadavres et des agonisants qui parlaient de manière incohérente. Un seul a pu leur indiquer où trouver les informations nécessaires à détruire ces êtres. Il parla d’énergie massive mais il mourut avant d’avoir terminé sa phrase. À ma connaissance, je suis le dernier survivant de ce groupe et après bien des difficultés, nous avons pu comprendre que nous disposions de deux méthodes pour les tuer. La première consiste à surcharger les créatures d’énergie et elles explosent. L’autre est de les vider de leur énergie, ce qui est plus difficile. Si elles fonctionnent encore, les armes des gardes devraient suffire pour applique la méthode numéro 1. Trouvez-les et bonne chance. » L’appareil s’éteignit.

Je fus pris de panique, si je rencontrais ces fameuses créatures, désarmé, je serais tué. Il fallait que je trouve une de ces armes. Dans un coin de la pièce, j’aperçu une armure quelque peu étrange dans laquelle il y avait un squelette. Celui qui portait cette armure semblait tenir entre ses mains un objet ressemblant à une arme. Je me précipitai dans cette direction et lui pris l’arme des mains. Je criai presque de joie en constatant que c’était une de ces armes dont le personnage avait parlé. La question était de savoir si elle fonctionnait toujours. Je pointai l’arme vers un mur et appuyai sur la détente. Un boum se fit entendre et un rayon de lumière jaillit du canon. Un trou béant apparût dans le mur. Surpris par la puissance de cette arme, j’étais tombé à la renverse, mais après quelques essais j’avais découvert qu’on pouvait la régler sur différents niveaux de puissance. Je n’avais pas porté attention au trou que j’avais fait dans le mur et en passant devant je découvris une petite salle où était caché un livre, un pendentif et ce qui semblait être une clef.

La couverture du livre n’avait rien de particulier, mais à l’intérieur se trouvaient plusieurs cartes détaillées, accompagnées de plusieurs notes ajoutées dans les marges et au bas des pages. Le pendentif était fait d’un cristal creux rempli d’un liquide rougeâtre mais transparent. Quatre morceaux de fer mouillé y étaient fixés à chaque coin. Deux petits tenaient la corde et deux grands servaient de pointeur. La clef avait une forme carrée et était ornée d’un symbole étrange. Quelque soit leurs usages, ils me seront peut-être utiles. Je mis le pendentif autour de mon cou et rangeai la clef dans la poche de mon pantalon. Le livre à la main, je fouillai les multiples caisses qui cachaient les murs de la pièce. Il y avait des bouteilles, d’autres livres, un sac en cuir, une bourse pleine de piécettes d’argent, un carnet de notes, des stylos, de la nourriture, des flacons en verre et des armes. Je pris le sac en cuir et y déposai le livre, puis deux bouteilles, trois autres livres, le carnet de notes, les stylos et plusieurs flacons. Je pris aussi un nouveau fusil et un long canon.

Dans une autre caisse, je trouvai des objets aux formes étranges, une loupe de verre rouge, une sorte de gant avec des griffes, un médaillon et une sphère de verre. La loupe et le gant étaient vraiment étranges. Je déposai le tout dans le sac et me rendis compte que j’avais un sac-à-dos. Je l’ouvrit et le fouillai, il y avait des vivres, un journal intime …? et un … un …, bon sang, je ne me souviens plus! J’y mis le plus de choses possible et je retournai dans la grande pièce. À l’autre bout se trouvait une autre porte. Elle était verrouillée, je pris la clef et l’insérai dans la serrure. La porte s’ouvrit et je passai.

Cette nouvelle pièce était beaucoup plus grande et avait un plafond en dôme. Ce qui me semblait être un réacteur était installé au centre avec un ponton qui menait à son terminal de contrôle. Trois portes se trouvaient au fond de la pièce. La machine descendait plus profondément, là où il faisait trop sombre pour y voir. Je fis le tour jusqu’à une plate-forme ronde dotée de leviers et d’écrans. Il y avait encore un espace pour la clef. Je la tournai et les écrans s’allumèrent et des statistiques s’affichèrent ainsi que des 0 et des 1 en lignes. Un des panneaux s’ouvrit pour laisser place à un levier. Il refusa de bouger et semblait coincé lorsque je le poussai vers le haut. Alors je poussai vers le bas et un son sourd se produisit. Soudain, la plate-forme descendit à toute vitesse dans les ténèbres. Mes oreilles sifflaient et la chute s’arrêta brutalement. Les écrans affichaient maintenant des plans de la machine. D’après les informations que je voyais, presque tout était hors service. Le levier était revenu à sa position initiale. J’appuyai à nouveau vers le bas et la plate-forme descendit plus lentement jusqu’à se placer en dessous du réacteur. Une manette de mise en marche se trouvait au dessus de moi. Je la tirai et le réacteur se mit en marche. La plate-forme recula et remonta d’elle-même. Les portes étaient ouvertes et je sorti par la plus proche. Une échelle fixée à un balcon descendait tout en bas. J’eu un vertige, puis je pris l’échelle à deux mains et commençai à descendre.

Le sol ondulait et je ne voyais presque rien. Un écran brillait dans le noir, il y était affiché : « Réactiver? ». J’appuyai sur « oui ». Un large faisceau d’énergie sorti de nulle part s’engouffra dans le sol. Quatre grandes colonnes se mirent à briller dans la lumière puis, en haut, quelque chose sembla bouger et le plafond s’éclaira.

J’eu un choc en la voyant : elle faisait trois mètres de haut, avait des dents comme des couteaux, à la fois matière biologique et cristal. La bête m’observait de ses yeux rouges, comme injectés de sang et prête à bondir. Je reculai d’un pas lent mais elle planta ses dents dans mon bras et m’immobilisa au sol. Je sentis mon énergie absorbée par la créature, je mourrais lentement. Puis dans un grand cri de douleur, la créature recula d’un pas lourd et s’effondra sur le côté. Affaibli, j’eu à peine conscience d’une présence à mes côtés avant de sombrer dans l’inconscience.

Lorsque j’ouvris les yeux, j’étais couché dans un lit. Je m’assieds sur le bord et regardai la petite pièce sans fenêtre et une seule porte. Elle s’ouvrit et une fille avec le plus beau visage que je n’aie jamais vu entra. Lorsqu’elle vit que j’étais réveillé, elle me fit un sourire rayonnant de bonheur. S’approchant elle me dit :

- « Ça va? »
- « Je crois que oui. »
- « Comment t’appelles-tu? »
- « Eh bien, je n’en sais rien. Je suis tombé dans un trou et je crois que j’ai dû me cogner la tête. J’ai oublié pourquoi je suis là et mon nom. Et toi, quel est ton nom? »
- « Karine. J’ai eu d mal à soigner ta blessure. Que faisais-tu ici? »
- « J’explorais. Quel est cet endroit? »
- « Un appartement des étages supérieurs. Les bêtes ne savent pas comment monter ici, alors nous sommes en sécurité. »
- « D’où viennent-elles? »
- « Des laboratoires du nord, c’est pour cette raison que nous sommes au sud. »
- « Pourquoi tu te trouves ici? »
- « Je me suis enfuit de chez-moi, ma vie était devenu insupportable. »
- « Que faisais-tu près du réacteur? »
- « J’allais au nord pour en apprendre plus sur les derniers évènements. Les bêtes patrouillent au sud depuis trois jours. Il a fallu que je te traîne sur mon dos jusqu’ici. Si tu veux me suivre là-bas, tu peux. J’espère que les effets secondaires causés par la morsure vont te donner une plus grande force, car tu en auras besoin. »

Elle est si belle, ses yeux violets, sa chevelure couleur de brume, sa peau douce et chaude et elle semble avoir un excellent caractère! Je voulu lui dire ce que je ressentais envers elle, mais des sons incompréhensibles sortirent de ma bouche : « Heu, tfu shelle, tfelle, delle. »

Elle eu un rire amical. Je rougis, puis elle parti et revint les bras chargés de nourriture. Elle me demanda où j’avais trouvé toutes ces choses.

- « Dans une pièce secrète. Je testais une de mes armes. »
- « Tu en as plusieurs? Est-ce qu’elles fonctionnent toutes? »
- « Je crois. Que veux-tu dire par « les effets secondaires »? »
- « Si tu survis, la morsure transforme une partie du corps et augmente les capacités physiques de la victime. »
- « Oh, et si on meurs? »
- « On devient une sorte de zombi. L’esprit est absent, mais le corps se déplace de lui-même. »

Après plusieurs heures de discussion et d’explications, nous nous préparions à sortir parmi les monstres qui se déplaçaient dans les rues. Je tenais une arme dans chaque main, près à réagir.
- « Es-tu prêt? »
- « Oui. »
- « Alors, fonces! »

Je courrais plus vite que d’habitude et chaque fois que nous rencontrions un monstre, nous lui tirions dessus jusqu’à ce qu’il en meurs.

Karine et moi étions près des laboratoires. Plusieurs bêtes en gardaient l’entrée. Je pris le canon et ne tirai qu’une fois. Toutes les créatures tombèrent en même temps. La seule pièce qui se trouvait à l’intérieur était vide. Seul une grande porte, au fond, était visible. Soudain, l’entrée se referma derrière nous, puis la porte au fond s’ouvrit et une lumière rouge apparût dans la pénombre. Un immense robot s’avançait vers nous et s’arrêta dans la lumière. Une voix retentie dans la pièce : « Partez d’ici, misérables humains où vous mourrez. » Le robot sorti ses mitraillettes et ses rockets. Puis la voix lança : « C’est mon dernier avertissement. Un, deux, trois! » La machine infernale tirait en tous sens, puis elle s’arrêta et fit entendre à nouveau la voix : « Évitez ça! »

Le fond de la gorge se mit à briller, mais je pris le canon et lui tirai dans la bouche. Sa tête explosa, ainsi que son corps, libérant le passage à une nouvelle pièce. Un autre robot apparut, mais il était désarmé. Une forme de vie semblait avoir fusionné avec lui. Il ouvrit la bouche pour parler : « Ne sont-ils pas magnifiques? Ce sont mes enfants. Une fois leur incubation terminée, ils iront infecter leurs victimes et je n’aurai plus besoin de ce corps. Voyez-vous cette petite pierre rouge placée dans cette machine? Il y a longtemps, les hommes voulurent m’empêcher de régner sur la surface, faisant appel à leur machine pour m’enfermer dans cette pierre, mais seul ma puissance en fut prisonnière. Dans le plus grand secret, je tentai de créer une armée qui me rendrais ma puissance et me ramènerait mon ancien corps. Je touche au but et je ne vous laisserai pas m’arrêter! »

Il regarda Karine et la projeta d’un regard à l’autre bout de la pièce. Il en fit de même pour moi. Karine me dit alors : « Attrape! » Puis elle me lança la sphère de verre et rajouta : « Touche-la avec ton pendentif. » Je suivis ses instructions et un son insoutenable se fit entendre. Le monstre souffrait, puis tomba à genoux, je pointai le canon sur lui puis tirai. Il s’effondra sur le sol. La pierre se mit à briller de mille feux. Dans ma tête, j’entendais des cris de terreurs, puis je fus pris de convulsions et je m’évanouie.

J’ouvris les yeux, confus. La cloche de fin des classes venait de sonner. « Quoi, qu’est-ce que? Tu parles d’un rêve de fou! Ça avait l’air si réel. Mais qu’est-ce que je raconte? Une fille aussi belle ça n’existe pas, sauf dans les rêves. Ce que je peux être naïf! » En quittant le local de cours, j’entrai en collision avec une fille. Elle avait les yeux violets, les cheveux couleur de brume et elle souriait, comme dans mon rêve!
 


  texte de Max




 Hit-Parade